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Visite de la maison d’arrêt de Varces avec Geneviève Fioraso 20 juillet, 2010

Posté par issindou dans : Points de vue , trackback

 Visite de la maison d'arrêt de Varces 

Dans le cadre de leur droit de visite des lieux de privation de liberté, Geneviève Fioraso et Michel Issindou ont visité pour la deuxième fois la Maison d’arrêt de Varces.

Retrouvez leur interview sur le site de Grenews: http://www.grenews.com/video-genevieve-fioraso-et-michel-issindou-a-la-prison-de-varces-@/article.jspz?article=21235

et sur TeleGrenoble : http://www.dailymotion.com/video/xe3d9h

Avant la visite, ils se sont entretenus avec plusieurs associations intervenant en milieu carcéral : l’Observatoire International des Prisons (OIP), l’Association Nationale des Visiteurs de Prison (ANVP), l’Unité de Consultation des Soins Ambulatoires (UCSA) du CHU de Grenoble implantée en milieu pénitentiaire et l’AREPI, association régionale pour l’insertion.

Lors de la visite de la Maison d’arrêt de Varces, Geneviève Fioraso et Michel Issindou ont noté quelques progrès dans l’entretien et la propreté des bâtiments, notamment grâce à la participation active de détenus à ces tâches. La surpopulation évidente qu’ils avaient constatée en 2008 (345 détenus pour 233 places), a diminué puisque 291 personnes sont incarcérées à Varces aujourd’hui.

Les députés ont cependant fait le même constat qu’en 2008 sur la vétusté d’un bâtiment qui vieillit mal et dont les espaces dévolus aux détenus ne sont pas conformes à la législation en cours. Un seul exemple : une surface utile par cellule de 8,32 m² seulement pour deux détenus et, dans les quartiers disciplinaires, 4,5 m² pour une personne – soit moins que l’espace réglementaire de 5 m² réservé aux animaux en chenil. Cela explique pourquoi la France est l’un des pays d’Europe régulièrement blâmé pour ses conditions d’incarcération.

Autre point noir : les ateliers qui employaient 74 détenus ont été réduits à la suite de leur incendie volontaire, en attendant leur réfection prévue à la fin de l’année. Du coup, il n’y a plus qu’une trentaine de détenus qui travaillent, employés par des entreprises locales. Cette situation est regrettable lorsqu’on connaît l’importance du travail en milieu carcéral pour l’amélioration de l’insertion à la sortie de prison.

Plusieurs dispositions de la nouvelle loi pénitentiaire, votée en novembre 2009, visent à développer les alternatives à la détention provisoire et les aménagements de peine. Ce dispositif, mis en œuvre à la maison d’arrêt de Varces avec l’aide d’associations comme l’Arepi ou Pin de vie qui proposent aux détenus, sur proposition du Juge d’Application des Peines, des chantiers extérieurs rémunérés et le logement dans des appartements de l’agglomération avec un accompagnement associatif fort et un suivi de l’administration carcérale. Les résultats sont là car ces détenus récidivent moins à leur sortie de prison, mais l’administration pénitentiaire manque de moyens pour développer ce type d’initiatives qui sont pourtant moins couteuse que l’enfermement (230€ par jour en prison, 75€ pour les détenus en milieu ouvert).

Enfin, cette visite leur aura permis d’échanger de façon très directe et ouverte avec le personnel d’encadrement et l’équipe médicale dont l’engagement collectif, en dépit des difficultés évoquées, est incontestable.

Commentaires»

  1. Si les conditions de détention ne sont pas conformes aux exigences de la loi sur de nombreux points, la situation du quartier disciplinaire est particulièrement grave.

    Selon l’OIP : « la surface disponible au sol est de l’ordre de 4,5 m²…la lumière naturelle provient de l’extérieur par un bandeau de trois fenêtres situées à environ 2 m de hauteur limitant l’entrée de la lumière. L’isolement sensoriel qui en découle est aggravé par le fait que les promenades d’1 h quotidienne se déroulent dans une pièce fermée. Au total, les personnes maintenues au quartier disciplinaire ne respirent pas l’air libre pendant toute la durée de leur sanction (jusqu’à 45 jours) »

    Le CHU de Grenoble, à qui incombe la prise en charge sanitaire des personnes détenues, souligne que « l’absence de contact social » tout autant que « l’absence de contact avec l’air ambiant et la lumière extérieure » pour une durée de 45 jours entraîne « un retentissement sur le moral » de n’importe quelle personne, « même en bonne santé », et est susceptible de la « pousser à bout ».  »

    Selon l’article D.359 du Code de procédure pénale, « tout détenu doit pouvoir effectuer chaque jour une promenade d’au moins une heure à l’air libre »

    La loi n’est pas respectée dans un lieu sensé encourager les personnes à la respecter à leur sortie…

  2. Pour mieux mesurer la gravité de la situation exposée dans le commentaire précédent, il faut souligner que cet établissement est pratiquement le seul à ne pas disposer d’une cour de promenade accessible aux détenus du quartier disciplinaire.

    Même si la plupart de ces cours sont d’une surface réduite, et que la vision du ciel est souvent entravée par des grilles, ce qui peut s’expliquer pour des raisons de sécurité, au moins ce ne sont pas comme ici des pièces plafonnées, coupant totalement, tout comme en cellule, la personne du monde extérieur (isolement sensoriel via la privation de sons, vue directe sur le ciel au moins, odeurs, air, lumière…)

    Le quartier displinaire est une sanction (privation d’activités avec les autres détenus, de cantinage, de télévision, la nouvelle loi pénitentiaire recommandant toutefois la possibilité de la radio, beaucoup de détenus ne sachant pas lire, alors que c’est la seule chose autorisée, mais d’autant plus difficile quand l’éclairage est insuffisant), mais une sanction ne doit pas devenir destructrice…une mise en conformité avec ce qui existe dans la quasi totalité des prisons, c’est à dire une « cour » et non une « pièce » de promenade est urgente.

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